Contrôler les salles équipées
05 Feb 2026

Antoine Hurtado, président de l’Audio Engineering Society France, présente aux professionnels du GIAC (Groupement de l’Ingénierie Acoustique) le rôle historique de l’association AES, placée au cœur des métiers du son tels que sonorisation, prise de son ou mixage, et l’importance de l’uniformisation des systèmes pour le développement de la profession.
Il explique le lien entre acoustique et audio, avec en particulier la mesure des réponses impulsionnelles qui impliquent nécessairement l’emploi de systèmes électro-acoustiques tels que enceintes et microphones. Les mesures classiques (entrée mono / sortie mono) sont ici présentées comme insuffisantes car elles ne prennent pas en compte la spatialisation du son dans les espaces sonorisés.
Un retour historique est fait sur les travaux de Wallace Clement Sabine, pionnier de l’acoustique, qui mesurait le temps de réverbération à l’oreille, à l’aide de dispositifs mécaniques rudimentaires, obtenant des formules encore en usage aujourd’hui, malgré des moyens très limités.
Antoine Hurtado, décrit ensuite l’évolution des normes de mesure (ISO 3382), passant de bruits interrompus aux techniques modernes comme le log sweep, tout en soulignant leurs limites, notamment face aux non-linéarités des systèmes.
L’exposé conduit aux études de terrain récentes (stades, grandes salles, installations broadcast), menées avec des méthodes issues du monde de l’audio professionnel : enregistrements multipoints rapides, traitements par lot avec Python.
Ces moyens développés dans le monde de l’audio et du traitement de signal permettent une analyse fine des salles équipées, tant sur le plan de l’intelligibilité (STI) que sur le plan du rapport direct/réverbéré. Ces études révèlent les inégalités de couverture sonore, des défauts de calage et parfois un faible niveau d’exigence technique.
Enfin, Antoine Hurtado aborde les enjeux à avenir de l’acoustique et invite l’assistance à engager une réflexion sur les critères nécessaires à la caractérisation des nouvelles salles : meilleure caractérisation du rapport direct/réverbéré, mesure des non-linéarités, et l’évaluation de la capacité des salles à restituer des spectacles spatialisés.

